La communication avec le chien dans le cadre du toilettage

 

Françoise Martin

Eleveuse professionnelle diplômée d’Etat

Diplômée de la Canine Communication Fondation course

Comportementaliste certifiée

Coach personnel et Professionnel

 

 

Votre métier vous met en contact avec le chien, ce dernier est un être vivant faisant partie d’une espèce autre que la notre, ses codes de langages sont différents et pourtant depuis des millénaires nous communiquons avec lui, la plupart du temps intuitivement. Le fait même de communiquer avec des langages différents entraîne quelquefois des interprétations fausses génératrices de situations conflictuelles.

Pour éviter de vous retrouver dans des situations délicates à gérer, il me semble indispensable que vous connaissiez ce que le chien exprime. Je vais donc, dans un premier temps vous parler de son mode de fonctionnement et dans un deuxième temps je vais décortiquer avec vous une séance de travail.

 

 

I Le chien, espèce sociale 

Le chien est un canidé social, ces codes de langages sont à peu près similaires à ceux de son ancêtre le loup. Ce dernier vit en meute dans laquelle il est nécessaire qu’il existe des rituels de communication et une structure sociale basée sur la hierarchie, Cette dernière n’est pas linéaire c’est à dire par exemple le couple alpha commande au loup bêta qui lui même commande aux autres etc.… mais est beaucoup complexe que cela, elle dépend du contexte, des événements, du vécu des individus.

Il est indispensable de faire la différence entre hierarchie et dominance. La dominance est le fait d’exercer un pouvoir avec quelque fois affirmation physique, c’est le fait d’exercer une suprématie. La hierarchie c’est le « classement des pouvoirs selon un rapport de subordination et d’importances relatives »

La hierarchie est indispensable à la cohésion du groupe, à l’équilibre de la meute et à la stabilité des relations. Cette relation hiérarchique s’établit dans le temps, ne se construit pas sur l’agression ni les combats, mais se construit sur la reconnaissance de l’émergence d’un leader, ce dernier possédant des facultés d’adaptation plus grandes, pouvant diriger le groupe social, ayant une fonction de régulateur, en résumé il fait figure de « grand sage ».

Mais elle n’existe que dans le contexte du groupe où les individus se connaissent, et se respectent.

Concernant le chien et l’être humain cette relation ne peut s’instaurer que dans le cadre de la notion de « meute-famille », ce qui veut dire que vous, individus extérieurs vous ne pouvez pas ni faire figure de leader, ni de chef de meute, vous ne pouvez pas « dominer » le chien

Le contexte dans lequel vous intervenez est un contexte « anormal » pour le chien. Vous ne devez pas vous imposer car vous n’avez aucun statut pour le faire mais au contraire vous devez le rassurer, l’entourer, le déstresser, et dédramatiser le contexte.

Quelque soit la manifestation du chien, celle-ci n’est qu’une réponse à une situation qu’il n’arrive pas à gérer. Tout chien est un individu différent d’un autre, et chaque individu a une vision, une perception et une assimilation et une interprétation différente d’un même environnement. Pour le chien Rex, être sur une table sera une situation banale, pour Rantanplan la même table sera un facteur de stress. Vous savez que Rantanplan ne risque rien sur la table du fait qu’il est attaché, lui ne le sait pas, il ne perçoit que le vide et la hauteur, de plus étant attaché, et ne pouvant fuir cette situation anxiogène, il peut alors devenir agressif ce qui m’amène à vous dire que quelque soit la manifestation du chien, celle-ci n’est qu’une réponse à une situation qu’il n’arrive pas à gérer.

Du chien et de l’être humain, celui qui a la capacité de comprendre l’autre et de conceptualiser, c’est l’être humain, c’est donc à lui à se mettre à la portée du chien,

Nous allons voir, maintenant comment vous devez vous comportez avec le chien dans la séance de toilettage.

 

 

II Avant le toilettage 

 

A-(Contact téléphonique

Un maximum de renseignements est indispensable avant le rendez-vous pour une perte de temps minimum ensuite.

 

a)-Le chien est un habitué : c’est la situation la plus simple, vous connaissez le chien et le maître car généralement vous avez créer des fiches « clients » avec les spécificités du chien et les demandes du maître.

Si le chien n’est pas venu depuis longtemps, demandez au maître si il y a eu un problème, le chien a-t-il été malade, si oui faites bien préciser quelle maladie et si le vétérinaire n’a pas fait d’objection précise à une manipulation quelqueconque.

Imaginez une cicatrice qui ne doit pas prendre l’eau, ou une oreille qu’il ne faut pas toucher, où une hanche opérée, les conséquences peuvent être importante sur la suite de la toilette du chien.

Si le chien n’a pas eu de problème, demandez au maître comment il va ; c’est commercial, cela fait toujours plaisir. Souriez au téléphone et déjà le client est content !!

 

b)-Si le chien est nouveau : c’est là où c’est important, même si vous avez l’impression de perdre du temps au téléphone, c’est finalement là  que vous allez en gagner. Plus vous saurez à quel chien vous avez à faire, plus vous pourrez anticiper ce que vous allez faire.

¨Une chose est primordiale, n’oubliez jamais l’importance de la relation affective que le maître a avec son chien. Du fait de cet affectif quelque fois très important, il faut arriver à décoder ce que vous dit le maître, la perception de son compagnon lui étant totalement personnelle.

Par exemple, si le maître vous dit que le chien est gentil, il y a deux solutions :

*le chien effectivement se comporte très bien,

*le chien est particulièrement hargneux ; soit le maître minimise le problème parce qu’il ne veut pas penser avoir mal éduqué son chien soit pour lui, l’attitude du chien lui paraît « normale ».

Tentez alors dans la conservation de faire préciser un peu le terme gentil en citant des exemples où le maître doit manipuler son chien :

*quand vous vous le brossez, est-il content ???

*pour les oreilles, il n’aime pas trop cela ????

etc….

¨Faites préciser l’état du chien avec diplomatie car personne ne vous dira « mon chien est dans un état déplorable » mais on vous dira il a quelques nœuds, alors faites précisez l’emplacement des nœuds, cela peut-être une piste, si les nœuds sont justes derrière les oreilles, vous avez la chance peut-être d’avoir un chien a peu près entretenu, si les nœuds sont sur le corps, vous êtes à peu sur d’avoir un chien qui a rarement vu la brosse.

Et s’il n’a jamais vu la brosse, vous risquez d’avoir un chien qui ne laisse pas manipuler facilement.

¨Faites préciser si le chien a déjà été chez un de vos collègues

Si oui tentez de faire préciser avec diplomatie pourquoi il change de toiletteur, cela peut vous permettre d’avoir des pistes sur ce qui vous attend, car si le chien a été en situation conflictuelle avec un de vos collègues, les séquelles du traumatisme seront présentes.

¨Faites préciser l’âge du chien, si c’est un chiot, un jeune adolescent, un adulte, où un vieux chien ainsi que son nom.

*Un jeune chiot demandera plus de patience, il faudra le mettre en confiance, peut-être couper la toilette en deux temps pour éviter trop de stress. Il serait alors bon de mettre le rendez vous en début de journée parce que vous serez moins fatigués, moins stressés, plus disponibles.

*Si c’est un vieux chien, il faut penser que peut-être il est perclus de rhumatismes, qu’il ne pourra pas rester sur la table pendant des heures, qu’il faudra peut-être faire une halte dans la toilette pour le faire « souffler » un peu.

*Se rappeler son nom c’est très commercial pour votre rapport avec le maître, il se sentira en confiance, il aura l’impression que vous portez un grand intérêt à son chien, mais aussi quand vous aborderez le chien , dire son nom commencera à le rassurer.

 

 

B- Accueil du maître et du chien :

Vous avez donc pris votre rendez-vous, le jour convenu et l’heure dite vous recevez votre client. Après les civilités d’usage, vous allez prendre le chien. Deux situations se posent à vous.

 

a)-Le chien est dans les bras du maître : demandez au maître de vous tendre le chien, vous le prendrez alors en vous plaçant derrière le chien, en mettant la tête du chien à l’opposé de votre corps. Ne prenez jamais le chien dans les bras du maître, le chien pouvant alors avoir une réaction d’agressivité par hyper protection.

 

b)-Le chien est au sol : ne vous baissez pas pour le prendre car le fait de vous baisser vous fera « couvrir » le chien, ce dernier se sentant agressé risque de vous mordre au visage ou aux mains. Prenez la laisse très doucement, ne vous placez surtout pas face au chien mais sur le côté, si vous le connaissez, il vous suivra sans problème. Si c’est un petit nouveau, demandez au maître de sortir car généralement c’est lui qui génère l’angoisse du chien par sa propre anxiété et une fois le maître parti attirez le chien sur vous avec des friandises sans brusquer la laisse.

Si c’est un nouveau et que le chien peut être toiletté tout de suite, demandez au maître de le mettre directement sur la table, cela évitera toujours une manipulation.

Regardez toujours si vous pouvez effectuer le travail demandé par le maître sur le chien, si son état ne le permets pas, c’est à ce moment là qu’il faut le dire.

Dans tous les cas de figure, parlez au maître et au chien d’une voix douce, il faut sécuriser et mettre en confiance.

Si vous devez mettre le chien en box d’attente, l’habitué ne posera aucun problème, par contre  pour le nouveau cela risque d’être difficile, un box d’attente est généralement un box fermé, avec une perception visuelle quelque fois limitée et dans lequel il fait un peu sombre, tous les chiens ne sont pas habitués au vary kennel. Vous pouvez prendre l’habitude d’avoir toujours d’excellentes friandises, vous faites renifler la friandise au chien et vous jetez dans votre box, si la gâterie est hyper appétente, le chien suivra. Prenez bien la précaution de lui laisser une laisse en métal accrochée à son collier pour pouvoir le ressortir du box sinon il risque d’y avoir problème s’il ne veut plus sortir, vous risqueriez d’être obligé de rentrer à « 4 pattes » dans le box et là danger !!

Cette situation nouvelle pour un chien est génératrice d’angoisse, d’anxiété et de peur, la seule réponse qu’il peut avoir dans ce cas là serait la fuite, ne pouvant pas il risque de grogner, voire de mordre. Il ne s’agit pas de dominance, il s’agit de stress, vous devez alors être perçu comme un élément rassurant et dédramatiser la situation. Pensez à toujours parler au chien d’une voix rassurante, ne criez pas, ne poussez pas, ne brutalisez pas.

Un détail qui a son importance, je précise bien votre laisse en métal, ne laissez pas la laisse du maître, il risque de la manger….. et il vous faudra la rembourser !!

Pour faire sortir le chien, si vous avez de la difficulté, vous pouvez utiliser un jouet, une balle, une friandise, mais surtout ne bloquez pas avec votre corps la sortie du box. Placez vous sur le côté afin de ne pas faire écran.

Si vous avez un jeune chiot anxieux, soyez vigilant, s’il panique n’insistez pas sinon cela sera encore plus difficile la prochaine fois.

 

 

III Pendant le toilettage 

 

A-La table

Vous allez placer le chien sur la table pour commencer la toilette.

 

a)-Votre client est un chien de petite race : si vous devez le porter pour le mettre sur la table prenez toujours le chien en plaçant l’arrière train contre vous, sa tête à l’opposé de votre corps et de votre propre tête. Posez le chien sur la table, en lui parlant. Attachez le correctement, et vérifiez qu’il ne puisse pas se défaire. La sécurité est un élément important qui peut éviter des conséquences dommageables.

b)-Votre client est un chien de moyenne ou grande race : Afin de prendre le moins de risque possible, investissez dans une table hydraulique pouvant descendre presque jusqu’au sol (quelques unes descendent jusqu’à 30 cm), prenez des plateaux d’un minimum de 55 cm de large et de 1 m de long. Le chien se sent plus en sécurité. Pour le faire monter, si c’est un habitué il n’y aura pas de problème, si c’est un nouveau chien travaillez toujours avec une laisse et des friandises, éviter de tirer la laisse en vous plaçant à l’avant, le chien effectuera une résistance de l’autre coté, placez vous sur le coté en le motivant, éventuellement parsemez la table de croquettes, cela peut attirer le chien. Parlez lui en le motivant et en le rassurant, la situation étant nouvelle pour lui, c’est la peur qui conditionne sa réaction. Si vous ne «  sentez pas » le chien  ne vous mettez pas en conflit, ou en rapport de force avec lui, n’insistez pas, ne criez pas, ne frappez pas, aller chercher une lacette et fermez le museau avec, c’est le principe de précaution. Puis vous mettez les deux pattes de devant sur la table, en tenant la laisse serrée vous poussez l’arrière, vous attachez le chien en vérifiant bien les attaches. Vous attendez que le chien soit en calmé, en lui parlant d’une voix douce et calme, puis vous remontez la table doucement et quand vous sentez que le chien a repris « ses esprits » vous ôtez la lacette sans mouvement brusque.

 

Dans tous les cas de figure, avant de toiletter le chien, prenez contact avec lui pour qu’il prenne confiance en vos mains, touchez-le partout mais il y a un ordre qu’il faut respecter. Commencez par le poitrail, puis sur le coté de l’épaule, puis le coté de la cage thoracique, puis le flan et le dessous du ventre, puis le coté de la cuisse, puis la fesse, faites de la même manière le tour du chien, revenez vers l’avant, prenez doucement la patte avant en respectant l’anatomie du chien, faites ainsi avec les 4 pattes, toujours en lui parlant d’une voix calme et douce, en le félicitant, vous pouvez effectuer quelques pressions légères dans votre caresse. Une fois que toutes les parties du corps auront été touchées, vous pourrez alors caresser le dos doucement et la tête. Cette méthode basée sur le contact et sur la pression à l’avantage de décontracter le chien, calme le chien anxieux, et permet de faire tomber «  la pression » et du chien et du toiletteur !! Une durée de 3 minutes environ est largement suffisante.

 

Rappelez-vous bien que quelque soit l’attitude du chien, gesticulation, pleurs, grognements, ce ne sont que des réponses à une situation qui le gêne. Il ne s’agit pas de rentrer en conflit physique avec le chien tout simplement parce que le chien ne pourrait pas comprendre votre propre réponse à ce qu’il émet. Etant attaché, contraint et en hauteur, il ne peut manifester qu’une partie du registre de son code de langage :

¨Il aboie, gigote, piaffe sur ces pattes, pleurniche : il vous dit « j’en ai marre, c’est trop long, je m’ennuie, ou bien je suis très anxieux et j’ai un peu peur ». Pensez-vous qu’une gifle va améliorer son état, je crains que non. Lorsqu’il ressent ce genre d’émotions et lorsqu’il est avec sa mère, dans sa meute, sa mère va rentrer en contact physique avec lui pour le calmer et le détendre, souvent par le léchage. Pour nous cela est difficile ! Mais le contact peut être fait toujours par la main qui rassure et la voix qui calme. Des que le chien se calme, récompensez par la voix ou la friandise le bon comportement. Le chien n’est pas bête, il tentera toujours de reproduire une situation qui lui soit agréable.

Si vous frappez et si vous hurlez, vous faites l’inverse, vous paniquez le chien et vous pouvez engendrer l’agressivité du chien qui ne sera qu’une réponse à votre propre agression.

¨Il grogne, montre ou ne montre pas les dents : en premier, la question a se poser est « est ce que je lui ai fais mal ? », pattes un peu tordues, ongles coupés un peu court, oreilles épilés brutalement, nœuds un peu trop vite dénoués etc.……Mettez vous à sa place, si le coiffeur vous arracherait la moitié d’une oreille pendant la coupe, je ne pense pas que vous auriez le sourire !!! Chercher éventuellement la zone sensible car peut être a-t-il mal au dos, aux articulations. Rien de tout cela alors il vous dit « qu’il sature, que tout cela le barbe prodigieusement » mais avec une intensité supérieure. Essayez toujours de calmer la situation. Si vous sentez que le chien n’en peut plus, il est alors peut-être nécessaire de faire une pause.

 

Si vous devez utiliser une tondeuse, faites en sorte que le chien entende le bruit un moment avant de le toucher avec l’instrument, respectez l’anatomie du chien pour travailler les pattes, il ne s’agit pas luxer les articulations!!!

 

B-La baignoire :

Indispensable dans un salon de toilettage, c’est pourtant l’élément qui fatiguent le plus les toiletteurs.

La plupart du temps, elle est fixée au mur ce qui engendre une difficulté quand il s’agit de shampouiner l’autre « face » du chien, soit pas assez haute et le toiletteur est « couché «  dans la baignoire pour laver le chien, soit trop haute, et il faut être champion de musculation pour porter certains chiens à l’intérieur. Pour le chien habitué pas de problème, mais pour une première fois, la baignoire est un endroit souvent générateur de conflit.

Si nous prenons le cas d’une baignoire classique, vous avez réussi à mettre le chien dedans, ce qui n’est pas le plus simple (vous avez utilisé approximativement les mêmes techniques que pour la table), le chien est souvent attaché, coincé dans un endroit étroit d’un coté par le mur, de l’autre coté par vous, et devant généralement par un autre mur, aucune distance de fuite, il est dans la même situation que le chien acculé dans un angle, sa première réponse à cette situation est de se débattre, éventuellement de grogner ou de mordre. Ce n’est qu’une situation de stress et de panique qui le fait réagir de cette façon.

Quand vous commencez le lavage, l’eau vient encore amplifier le stress, la face devant vous n’est pas un problème, mais la face contre le mur en est un car vous devez « couvrir » le chien pour shampouiner l’autre coté. Imaginez ce que ressent le chien : déjà coincé dans un rectangle qui glisse, sans porte de sortie et par dessus lui, quelqu’un qui le couvre, sa seule réaction est un instinct de survie : celle de vouloir se dégager à tout prix : nous devrions avoir donc normalement le registre complet : agitation, grognement, grognement avec retroussement des lèvres puis morsures, et la plupart du temps pour les gros chiens, votre visage est à la hauteur de ses mâchoires

 

Si nous prenons le cas d’une baignoire hydraulique : vous pouvez baisser la baignoire comme une table, vous faites rentrer le chien à l’intérieur par une petite porte, vous attachez votre chien à la potence et vous réglez tranquillement votre baignoire à votre hauteur. Le chien a une vision large, et vous pouvez tourner autour de la baignoire pour laver votre chien. Et vous pouvez alors accepter toutes tailles de chiens.

Parce que ce système me paraît le plus adapté pour vous et pour l’animal, je vous le conseille fortement malgré certainement un coût financier peut-être plus élevé.

 

Dans tous les cas, pensez à parler au chien, et à le rassurer, détendez le, vérifier la chaleur de l’eau il ne s’agit pas ni de l’ébouillanter, ni de lui faire attraper froid, et faites couler au départ doucement en commençant par l’arrière train.

 

C-Le séchage :

Après avoir fait entendre au chien le bruit du séchoir, commencez toujours pas sécher d’abord l’arrière train du chien en démarrant, si vous le pouvez, avec un faible souffle en intensité et en chaleur. Dites vous bien que votre séchoir pour le chien, c’est comme si vous aviez la tête à proximité d’une turbine !! tout doit être fait progressivement en parlant au chien, et en le touchant en même temps que vous soufflez. Les cages chauffantes existent, je comprend parfaitement que certains chiens stressent, ils ressentent à peu près la même chose que dans la baignoire, le chien ne pouvant pas conceptualiser, ne peut pas penser que le bruit et la chaleur dégagée dans la cage sont là pour le sécher, et pour lui sécher ne veut également pas dire grand chose, donc il ne peut pas raisonner cette situation. Si vous devez les utiliser, soyez vigilant, gardez un œil sur le chien, certains chiens à cause du stress d’être dans une cabine font des arrêts cardiaques.

 

III Après le toilettage :

Vous avez fini votre toilettage, récompensez le chien par la parole, caresses ou friandises, pour que le chien garde un bon souvenir de vous, vous devez récompenser le bon comportement. Un chien heureux avec le toiletteur est un client assuré !!

Si vous devez le mettre en box d’attente, procédez comme à l’arrivée, sinon attachez le à l’attache prévue dans le mur, attention pas trop près des autres, la venue du maître risquant de déclencher une excitation et par ricochet une agression redirigée sur les autres chiens.

Lorsque le maître arrive, donnez le chien en laisse, et n’essayez surtout pas de caresser ou de toucher le chien en présence du maître, quelquefois la présence du maître déclenche un sentiment de protection chez le chien, et ce dernier que vous avez bichonné pendant une paire d’heures vous mordras, le maître ne comprenant pas cette agression pensera que « le chien vous en vaut car vous avez du lui faire mal !!! » et vous aurez perdu un client !!

Une fois le chien rendu , vous réconforterez le maître en lui disant que tout s’est bien passé, que son chien a été adorable et que c’est un plaisir de le toiletter. Les conseils d’usage peuvent être donnés quand à l’entretien, conseillez de manipuler si vous avez senti un manque.

Si vous percevez vraiment un problème hiérarchique, conseillez gentiment soit le club canin de votre département, soit un éducateur.

 

IV Conclusion :

Spécialistes du toilettage, vos mains sont vos outils de travail, vous n’êtes pas là pour vous faire mordre, mais vous n’êtes pas éducateur non plus, et vous n’êtes pas responsable des carences éducatives des maîtres, vous pouvez refuser de toiletter un chien qui vous semble trop problématique

Rappelez vous que le toilettage pour un animal n’est pas une situation « normale », elle ne fait pas partie de son registre. La contention, la hauteur des tables, les baignoires qui glissent et l’eau sont générateurs de situations anxiogènes, seul l’apaisement et la confiance peuvent faire diminuer l’anxiété.

Rappelez vous aussi qu’un chien n’est ni gentil, ni méchant, ces grognements, ou ses éventuelles morsures ne sont que des réponses à des situations non compréhensibles pour lui.

Rappelez vous également que le chien est une éponge émotionnelle, l’anxiété du maître peut être alors transmise au chien, si vous avez à faire à un maître anxieux, essayez de le tranquilliser, cela sera profitable pour la prochaine séance.

Rappelez vous enfin que pour prendre un maximum de précautions, il vous faut du matériel adapté même si l’investissement paraît important ceci pour vous et votre confort de travail et également pour vous faciliter la tâche .